Déclaration FO lue à la seconde séance de négociations salariales le 12/02/26


12/02/2026

Madame,

Aujourd’hui, nous voulons d’abord exprimer un sentiment clair : notre impatience grandit.

Les équipes sur le terrain, dans les usines, dans les bureaux et dans les services, attendent des signaux concrets.

Elles vivent, au quotidien, les effets de l’inflation, des réorganisations successives et d’une transformation industrielle extrêmement exigeante.

Nous avons entendu l’argument récurrent des 22 milliards de provisions.

Mais nous rappelons un principe simple :

  • Ces 22 milliards ne sont pas un cash‑out.
  • Ce sont des provisions comptables, liées à une réévaluation stratégique : des actifs, des restructurations, un repositionnement industriel.
  • Ce n’est en aucun cas l’expression d’un effondrement opérationnel du groupe.
  • Et c’est précisément pourquoi notre démarche est responsable et mesurée.

Nous ne venons pas demander une redistribution de profits exceptionnels.

Nous demandons deux choses, seulement deux :

  •  La préservation du pouvoir d’achat
  •  Et la reconnaissance du travail fourni dans une période de transformation profonde.

Rien d’excessif. Rien d’irréaliste. Rien d’irresponsable.

Nos demandes sont raisonnables et économiquement tenables :

Dans un contexte présenté comme financièrement tendu, nous avons choisi de bâtir une position cohérente, qui répond aux contraintes tout en respectant les salariés.

Pour les salariés A à C : AG mini de 1,5 avec un talon de 30€ euros.

Parce que ce sont les populations les plus exposées à l’inflation, les moins dotées en part variable et celles dont la pénibilité reste la plus élevée.

Les cotations D à E : AG mini de 1,5

Les cotations F11-F12 1,3

Cadres cotations G à I 2,8

Parce qu’une part d’individualisation est logique, mais ne peut remplacer une reconnaissance collective minimale.

Ces niveaux restent sous les seuils psychologiques qui pourraient fragiliser le discours financier.

Ils sont donc défendables, crédibles et compatibles avec la situation du groupe.

Nous allons plus loin dans la responsabilité en proposant un mécanisme en deux étages :

  • Des AG raisonnables
  • Pour l’ensemble des CSP

Une clause de revoyure à mi‑année, déclenchant une prime complémentaire si :

  • Le résultat opérationnel dépasse les prévisions
  • Le cash-flow redevient positif,
  • Et le marché européen se stabilise.

C’est une approche moderne, équilibrée, et parfaitement alignée sur la réalité économique.

Conclusion

Nous le répétons :

Nous ne sommes pas ici pour demander l’impossible.

Nous sommes ici pour défendre la dignité salariale, la cohésion interne, et la reconnaissance du travail réel, celui des femmes et des hommes qui permettent chaque jour au groupe de tenir debout, malgré les difficultés.

La balle est désormais dans le camp de la direction.

Les salariés, eux, attendent des actes.

Et notre impatience, légitime, ne cessera pas tant que ces actes ne seront pas posés.