Post LinkedIn du Secrétaire Général FO Métaux, Valentin Rodriguez.
Choose France ne doit pas être l’arbre « Made in France » qui cache la forêt d’usines chinoises Le sommet Choose France a comme un goût amer cette année.
Malgré ses paillettes, l’opération de promotion annuelle qui vise à célébrer l’attractivité économique de la France peine à dissimuler une réalité bien plus morose. Bien sûr, nous pouvons nous réjouir de l’annonce de 30 milliards d’euros d’investissements industriels dans plus de 150 projets sur notre territoire. Bien sûr, nous applaudissons cette mise en lumière de l’industrie indispensable pour améliorer son image aux yeux du grand public. Et bien sûr, nous préférons voir des responsables politiques consacrer une part de leur discours à une déclaration d’amour à l’industrie, plutôt que de célébrer une France « sans usines » comme le faisaient leurs prédécesseurs il n’y a pas si longtemps. Tout cela ne doit pas nous faire oublier la cruauté des faits, qui ne manqueront pas de se rappeler à nous dès que les projecteurs de Choose France se seront éteints.
Selon le baromètre industriel de la Direction générale des entreprises (DGE), au premier semestre la France a connu 82 fermetures d’usines pour seulement 44 ouvertures. L’Usine Nouvelle confirme malheureusement qu’il s’agit bien d’une tendance de fond puisque pour la deuxième année consécutive le nombre d'usines qui ferment ou sont menacées de fermeture (108 au total) dépasse les créations de sites (80). Les beaux discours n’y changent rien : le risque de désindustrialisation ronge notre pays. Au point que certains commencent à suggérer d’abandonner l’objectif de réindustrialisation, par fatalisme ou par résignation aux « lois du marché ».
Un renoncement que nous refusons. La reconquête industrielle est bien sûr possible, mais elle exige une véritable volonté collective, une ambition à la hauteur des enjeux et une vision d’ensemble. Nous avons trop attendu pour accompagner la relocalisation de certaines productions, sécuriser les activités critiques, renforcer nos filières industrielles et préserver les compétences. Nous avons trop longtemps accepté de nous soumettre à cette folie qui consiste à sacrifier nos emplois et nos sites en se voyant imposer seuls, des normes environnementales strictes, pour ensuite devoir importer des productions venues de pays qui ne respectent aucune règle et polluent la planète. Choose France ne doit pas être un joli décor que l’on sort une fois par an.
Nous voulons une politique industrielle cohérente qui soit capable d’enrayer la spirale infernale et de redonner à la France sa place dans la production mondiale.
Parce que derrière chaque usine, il y a des emplois, des savoir-faire, le dynamisme des territoires et l’avenir de notre pays.


