Monsieur le Président,
Depuis le dernier CSEC ordinaire du mois de juin, notre CEO a pris ses fonctions et a rencontré les organisations syndicales françaises pour partager sa vision du Groupe, ainsi que sa lecture du contexte économique et politique en France et en Europe.
Les annonces de Mr Antonio Filosa concernant les volumes d’embauches pour cette fin d’année, ainsi que les perspectives pour 2026, redonnent de l’espoir. Elles répondent en partie à une inquiétude constante de FO quant à notre pyramide des âges et à la capacité de notre Groupe à transmettre ses savoir-faire à une nouvelle génération.
Cependant, nos préoccupations au sujet du “paquebot France” demeurent intactes. Sans un plan stratégique clair, sans une véritable vision et surtout sans un cap ferme pour défendre nos emplois, nous avons le sentiment d’un navire qui dérive lentement vers des eaux troubles.
La présentation du dernier Comité Parité Stratégique qui pour FO est indispensable et dont la qualité, tant dans la préparation que dans l’exposé, est à souligner laisse néanmoins une zone d’ombre pour un certain nombre d’établissements de l’Hexagone.
Nous tenions d’ailleurs, par cette déclaration, à vous remercier, vous et vos équipes, pour la confiance que vous nous accordez dans cette présentation.
Ces données sont essentielles : elles permettent au dialogue social de réellement prendre tout son sens lors des PMT sur les sites. Les élus comme les salariés ont besoin d’une vision globale pour comprendre ce qui se joue pour chacun d’eux.
Une présentation trop « macro » serait dangereuse pour le moral des équipes. Nous traversons déjà des moments difficiles, avec notamment l’arrêt de l’activité du site de Douvrin. Oui, la transition énergétique est nécessaire. Mais elle provoque aussi des drames sociaux et humains qu’il est impossible d’ignorer.
FO souhaite néanmoins vous alerter sur la mise en œuvre, sur le terrain, de plusieurs données factuelles. La course mortifère au Total Productive Cost menée par les équipes dédiées conduit à des situations qui n’ont ni sens moral, ni sens éthique.
Dernièrement, des références de pièces en Forge ont quitté la France pour Tofas en Turquie pour… un écart d’un centime d’euro par pièce.
En Fonderie, les volumes sont remis en question pour dix centimes d’écart avec des pièces venues de Chine.
Où est passée notre volonté affichée de réduire l’empreinte carbone et de travailler sur les gains d’efficience ?
Nous voyons même des prix de pièces mécaniques chez Tofas deux fois plus bas que ceux de nos usines Française et moins chère que les pièces Chinoise, sans aucune explication autre que celle de « prendre le marché pour marger ensuite ».
Comment ne pas citer aussi les aides extérieures, qui s’ajoutent aux écarts de coûts salariaux, et qui créent une concurrence déloyale vis-à-vis de la France ?
FO continuera à défendre les femmes et les hommes qui font la richesse de notre Groupe. Ce sont eux qui, dans les tempêtes, maintiennent le cap. Encore faut-il que l’on nous laisse un gouvernail.
C’est pourquoi FO Stellantis appelle à un véritable pacte industriel et environnemental, qui associe les représentants des salariés en amont des décisions, et non comme de simples spectateurs auxquels on impose des choix déjà actés.
Monsieur le Président, l’inquiétude est grande au sein des équipes France. Et, selon nos recherches, le site de Vigo produira à lui seul autant de véhicules que nos cinq usines terminales françaises réunies.
Un exemple très concret de la crise sans précédent que traverse l’industrie automobile Française.
D’où l’importance, plus que jamais, de remettre au premier plan le dialogue social et la co-construction, qui nous ont déjà sauvés par le passé.


