Monsieur le Président,
Depuis un an, le Groupe a investi massivement dans la constitution d’une flotte interne et dans la formation de salariés reconvertis en conducteurs porte véhicules. Ces efforts étaient présentés comme une réponse stratégique pour sécuriser notre logistique et renforcer l’autonomie de Stellantis.
Or, à peine un an après cette mise en place, la Direction nous explique que le choix initial de rattacher cette activité à la convention métallurgie ne serait plus tenable et qu’il faudrait désormais transférer les conducteurs vers une nouvelle filiale régie par la convention des transports.
Pour FO, ce revirement soulève plusieurs points majeurs :
1. Un défaut d’anticipation : pourquoi avoir embarqué plus de 150 salariés dans un projet structurant sous la métallurgie, avec des formations longues et coûteuses, si l’intention était, dès le départ ou à court terme, de basculer dans le régime du transport ?
2. Un volontariat sous contrainte : les salariés se voient présenter un choix biaisé – accepter de rejoindre la nouvelle filiale, avec un changement de convention et de statut, ou renoncer à leur métier de conducteur pour revenir sur un poste « équivalent » en usine. Ce n’est pas un vrai volontariat.
3. Une compensation temporaire : primes de bienvenue, primes dégressives… tout cela n’est que transitoire. Le passage à la convention transport est, lui, définitif. Les salariés perdront à terme des garanties et des acquis de la métallurgie, au profit d’une flexibilité accrue pour l’entreprise.
4. Une dégradation du pouvoir d’achat : le basculement vers la convention transport entraînerait une perte du taux horaire, la disparition de la prime d’ancienneté et, à terme, une diminution significative du revenu global des salariés. C’est une véritable régression sociale, d’autant plus inacceptable dans un contexte d’inflation qui pèse déjà lourdement sur les ménages.
5. Des conditions de travail durcies : passage de 4 à 5 jours de travail par semaine, dépendance à des primes conditionnelles (non avarie, non accident, écoconduite). Cette intensification risque de peser lourdement sur la santé et la vie familiale des salariés.
6. Un risque de filialisation : en isolant l’activité dans une nouvelle société, Stellantis ouvre la porte à une possible externalisation future. FO alerte : aujourd’hui filiale 100 % Stellantis, demain sous traitant parmi d’autres ?
Les élus FO considèrent que ce projet, loin de protéger l’investissement réalisé et les emplois, organise en réalité une dévalorisation statutaire et salariale des conducteurs porte véhicules et prépare une fragilisation du périmètre industriel et logistique de Stellantis en France.
Nous demandons :
• Une étude comparative complète entre la convention métallurgie et la convention transport, avec chiffres détaillés, impacts sur carrière, rémunération et conditions de travail.
• Des garanties écrites sur le maintien de l’activité au sein du Groupe, sans externalisation ni revente future.
• Un vrai choix laissé aux salariés : possibilité de rester conducteurs porte véhicules sous statut métallurgie, sans déclassement ni perte de salaire.
FO réaffirme que les salariés ne sont pas une variable d’ajustement.
Notre priorité reste la défense de leurs droits, de leur santé et de leurs conditions de travail.
Pour toutes ces raisons, et face à la perte évidente de pouvoir d’achat qui résulterait du projet, les élus FO s’abstiendront de donner une position en laissant le choix aux salariés.


