ECHO METAUX JUIN 2026


02/07/2026

SACRIFIER NOTRE INDUSTRIE NE FERA PAS RETOMBER LA TEMPÉRATURE

Les épisodes de fortes chaleurs que nous traver sons ne relèvent plus de l’exception. Nous ne l’avons jamais nié : le changement climatique est une réalité. La question n’est pas de savoir s’il faut agir mais de quelle manière nous devons le faire. Face à cette situation, certains continuent de défendre une vision absurde : affaiblir notre industrie au nom de l’écologie, tout en important toujours davantage de productions venues de pays qui ne respectent ni nos normes environnementales ni nos exigences sociales. Un tel raisonnement est une impasse.  La France dispose pourtant d’un atout majeur : une électricité largement décarbonée pouvant devenir un levier de réindustrialisation. Mais derrière les annonces sur l’électrification demeure une question essentielle : qui produira demain les véhicules et les équipements nécessaires à cette transition ?

Fermer ou étrangler des usines européennes pour produire à l’autre bout du monde dans des condi tions environnementales bien moins exigeantes n’a jamais réduit les émissions de gaz à effet de serre. Au contraire : cela les augmente puisque les pays euro péens importent les volumes de production qu’ils fabriquaient auparavant eux-mêmes. Cette logique ne fait que détruire une partie grandissante de nos emplois et diffuse la pollution à l’échelle mondiale, en annulant une partie des efforts environnementaux réalisés en Europe. 

L’électrification peut et doit être une opportunité industrielle, mais pour cela elle doit reposer sur du contenu local, des productions européennes et une véritable stratégie industrielle.  Les évolutions de l’industrie automobile européenne illustrent malheureusement ce basculement. Les récentes annonces de Stellantis montrent à quel point certains groupes considèrent désormais l’Europe comme une variable d’ajustement industriel. Pendant que nos capacités de production s’effondrent, des partenariats avec des constructeurs chinois se multiplient.

Ces choix stratégiques engagent également une responsabilité écologique : voulons-nous encore maîtriser notre industrie ou devenir totalement dépen dants de groupes étrangers qui ne respectent pas les mêmes exigences sociales et environnementales ?  Derrière l’électrification se pose aussi la question de la sous-traitance automobile, aéronautique, militaire, élec tronique... Sans anticipation ni accompagnement des salariés, des bassins industriels entiers seront fragilisés.  La transition écologique ne pourra réussir en conti nuant de nuire à l'industrie européenne. Elle devra au contraire s’appuyer sur elle. Ce sont nos usines, nos savoir-faire et notre capacité d’innovation qui permet tront de produire de manière plus écologique. Sacrifier notre industrie ne fera pas retomber la température : cela ne fera que saborder notre souveraineté pendant que les vagues de chaleur continueront de s’intensifier.  La transition écologique devra s’appuyer sur une tran sition juste : le maintien des sites industriels, des inves tissements industriels, de la formation et la sécurisa tion des parcours professionnels. 

Valentin Rodriguez

Secrétaire général FO Métaux


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